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Louis XIV personnage iconique de l'Histoire de France..

Louis XIV personnage iconique de l'Histoire de France..

Louis XIV est le plus célèbre des rois de France et aussi le plus méconnu. Un exemple, on le disait petit à cause d'une armure qui lui avait été offerte, qui est exposée au Louvre. Or, cela est confirmé par des historiens spécialistes, il mesurait 1 mètre 84, ce qui était très grand pour l'époque.

Dès sa naissance, Louis XIV se fait remarquer pour ses dents. En effet, Hugo Grotius écrit en 1638 qu'Anne d'Autriche a donné naissance au Dauphin et que celui-ci est né avec deux incisives et qu'il mutile les téton de sa nourrice, Pierrette Dufour, tant il a l'appétit vorace. Et les dents du roi Soleil vont lui poser de nombreux problèmes depuis l'âge de 39 ans jusqu'à ses derniers jours.  

Dès le berceau, Louis est vénéré comme un demi-dieu, c'est un petit garçon en représentation permanente. Lorsqu'il naît, son père Louis XIII a 37 ans. C'est un roi fatigué et malade et il ne fait aucun doute que le petit Louis montera vite sur le trône. Et effectivement, à 5 ans il devient roi. Quatre jours après la mort de son père, le 18 mai 1643, la régence de sa mère Anne d'Autriche, secondée par son premier ministre le cardinal Mazarin, est votée. Tout le poids du pouvoir ne repose pas encore sur ses épaules, mais il comprend déjà qu'il sera toujours seul face aux épreuves. Constamment,  il doit paraître, figurer, réciter des phrases convenues lors des réceptions des ambassadeurs, des revues de troupes, des visites de frontières, des grand-messes, etc. Le petit Louis est un enfant sérieux, tout en contrôle....Beaucoup trop pour son âge ! Ses compagnons de jeu lui reprochent d'ailleurs de ne pas assez rire. Louis étudiait ses gestes, ses pauses, sa démarche volontairement calme et sereine. Il cherchait à donner l'image d'un prince sérieux, pondéré, droit, digne, attaché à son devoir. Bref en tout soumis à la raison. 

A 20 ans, Louis XIV est plus une marionnette en représentation qu'un monarque en puissance. Sa mère et son ministre Mazarin décident toujours seuls des affaires du royaume, alors qu'il a largement l'âge de gouverner ( la majorité était fixée à 13 ans à l'époque). 

Ses camarades - peu nombreux - le trouvent gauche et balourd. On ne lui connait ni confident ni ami sincère. Ce roi peu bavard, toujours en retrait sauf quand il est sur scène, cache bien son jeu. Et il ne tarde pas à le montrer. Le tournant  a lieu lors du conseil des ministres du 10 mars 1661. Mazarin est mort la veille. C'est le déclic : le roi qui a 22 ans, décide de prendre les rênes du pouvoir. Et d'évincer sa mère. 

«JE ME DOUTAIS BIEN QU'IL SERAIT INGRAT ET VOUDRAIT FAIRE LE CAPABLE ! »

- s'écrie la reine mère, Anne d'Autriche quand elle apprend qu'elle a été exclue du premier conseil du roi après la mort de Mazarin. 

- «Jusqu'à présent, j'ai bien voulu laisser gouverner mes affaires par feu Mr le Cardinal, lui répond le roi, mais il est temps que je les gouverne moi-même».

Désormais tout devra passer par lui, il sera seul maître à bord. 

La suite de son règne va être une démonstration de force permanente. Louis XIV développe une politique de l'éblouissement et de la séduction pour mieux asseoir son pouvoir. S'il veut devenir le plus grand roi du monde comme il aime à se qualifier lui-même, Louis XIV a besoin d'un écrin à son image. De Versailles qui n'était qu'un modeste pavillon de chasse, hérité de Louis XIII, il fait un palais aux dimensions colossales. Il confie les travaux à Le Vau, l'architecte du déchu Fouquet. Les projets de Louis XIV frisent le délire. Il pratique l'hyper-contrôle : il se fait envoyer des comptes-rendus précis des travaux, annote, modifie les plans selon son humeur. Pas une perspective, pas un bosquet qui n'ait été remanié dix fois. 

Lorsqu'il ne festoie pas dans son château, Louis XIV fait la guerre. Il aime l'odeur du sang qui annonce la gloire. Sa Gloire. Le monarque raffole des sièges de ville, auxquels il assiste le plus souvent lové dans un fauteuil, sur une hauteur dominant le champ de bataille. Un plaisir de mégalomane : le roi veut écraser l'Europe sous sa botte. En 1667, sa première guerre est menée contre les Pays-Bas espagnols, principal rival commercial de la France. Cinq ans plus tard, ce sera la Hollande - qu'il surnomme la «nation des boutiquiers» - Les années 1680 et 1690 ne sont qu'une succession de batailles. 

A partir de 1693, alors qu'il ne peut plus commander personnellement les armées, Louis XIV continue de diriger les opérations depuis Versailles. Un va et vient incessant de messagers à cheval lui apportent les nouvelles du front et transmettent ses ordres. Le roi est obsédé par les moindres détails : la qualité des fusils ennemis, la distribution des munitions et des fournitures aux troupes...

Mais c'est grâce à son égo démesuré que la France est devenue, à l'aube du XVIIIe siècle, la première puissance Européenne.

Cependant, l'image historique du monarque absolu, à la fière prestance, est pour le moins tempérée par la cruelle réalité de ce grand corps malade.  Le Roi tout puissant est un goinfre, il souffre de la podagre et de la gravelle, il porte la perruque parce qu'il est chauve depuis sa jeunesse. Au quotidien, ça ne devait pas être une partie de plaisir de le côtoyer.....

 

CHAUVE A 20 ANS

Le Roi-Soleil a perdu ses cheveux à l'âge de 20 ans, après avoir contracté la typhoïde lors de la bataille de Nimègue. Il disposa toute sa vie d'un cabriolet à perruques, près de sa chambre, pour les perruques de chasse, de messe et du souper. 

BEAU COMME APOLLON ? 

Louis XIV se veut l'égal du dieu grec du Soleil, dont la beauté a été mille fois vantée. Était-ce mérité ? «Louis XIV était le plus bel homme de son royaume», écrit dans ses Mémoires la princesse Palatine, belle-sœur du roi. Selon le Bernin, artiste romain venu à la cour pour réaliser un buste royal, Louis XIV «a la moitié de la bouche d'une façon et l'autre d'une autre, un œil différent aussi de l'autre, et même les joues différentes». Il a aussi un «petit sein», c'est à dire une verrue, au nez, près de l'œil. 

GRAND CORPS MALADE

Louis XIV souffre d'atroces maladies chroniques. Parmi elles...des dysenteries à répétition. Louis mange comme un ogre, d'où ses terribles ennuis intestinaux. Entre 1696 et 1705, ses selles attestent qu'il avait attrapé le ténia (ver solitaire) et La gonorrhée ou «chaude pisse», contractée à 17 ans avec la dame de cour, Mme Bellier, chargée de son éducation sexuelle.  

La Goutte, cette maladie qui se manifeste par des douleurs au niveau du gros orteil lui pourrit la vie à partir de 1685. Pendant les crises, le roi emprunte une «roulette», un fauteuil roulant. Il a également des problèmes dermatologiques. Jusqu'à l'âge de 8 mois, Louis est privé de bains. La crasse et la vermine laissent des cicatrices sur sa peau.  Il a aussi des caries, en 1685, un dentiste maladroit lui arrache la moitié du palais. Toute sa vie, le roi régurgite par le nez et une odeur infâme se dégage de cet écoulement...Pendant des années, Louis XIV s'en accommodera, plutôt mal que bien, mais, dans le courant de 1685, l'odeur forte et quasi cadavéreuse qui accompagne ses régurgitations n'est plus supportable et le premier chirurgien Félix procède évidemment sans la moindre insensibilisation, à quatorze pointes de feu, et en profite pour arracher les dents cariées du bas. Le malade, inondé de fleur d'oranger, mettra plusieurs mois avant de reprendre le rythme de ses repas en public. Il n'a presque plus aucune dent et celles qui lui restent sont en piteux état. Bien qu'il ne puisse plus mastiquer correctement, il souhaite garder la même alimentation, alors on lui coupe son gibier en petits morceaux et il les avale sans même les mâcher ; son estomac n'apprécie pas et on a recours à des lavements pour soigner ses maux de ventre.

Il eut bien sûr d'autres «incommodités» et «misères physiques» : Fièvres, migraines,  malaises,  rhumatismes, goutte,  diabète, cauchemars, insomnies....etc. 

Malgré tout, QUAND L'ASTRE SE LÈVE ....

Il est 7 h 30 à Versailles. Le premier valet de chambre du roi s'approche du monarque : «Sire, voilà l'heure» A l'autre bout de la pièce, le Grand chambellan entre, suivi des premiers gentilshommes de la Chambre, du grand-maître de la garde-robe, du premier médecin et du premier chirurgien. Ces VIP vont assister à la toilette de Louis XIV : le rideau du lit est ouvert, quelques gouttes d'esprit de vin sur les mains, présentation du bénitier, signe de croix, choix de perruque. Le roi se lève, mules, robe de chambre, fauteuil, entrée du premier barbier, toilette, fin du «petit lever». 

RÉCEPTION SUR LE TRÔNE 

Pour avoir le privilège de regarder le roi installé sur sa chaise percée, il faut être titulaire d'un «brevet d'affaire». Pas donné à tout le monde ! On ne compte que 7 brevets en 1693 et plus que 5 en 1712. A l'époque, cette activité est ritualisée. Il est courant de recevoir sur sa chaise percée : on y écrit, on y joue, les ministres y donnent même audience ...

ROI BLING-BLING

12 MILLIONS DE FRANCS de l'époque, c'est la magot que le roi porte autour du cou, sous la forme de diamants, lors de la réception des ambassadeurs de Perse à Versailles, le 19 février 1715. Il a 77 ans. 

BÂTARDS CHÉRIS 

En tout cas, il était doté d'une vitalité extraordinaire, troussant à tout-va. Dans sa jeunesse il baisait tout le temps sa maîtresse Madame de Montespan, parfois même en plein jour, et le soir il allait honorer la reine.  Il s'inquiéta auprès de son médecin que les enfants de la reine mouraient tous quand ceux de la Montespan étaient forts et vigoureux. Le docteur eut ces mots, évoquant la reine malheureuse : «Il ne reste à cette dernière que la rincée du verre». 

Onze enfants sont nés de ses amours avec ses favorites, Louise de La Vallière et Mme de Montespan. Tous ont été légitimés. En 1714, un édit les déclare aptes à la succession de la Couronne, si tous les princes de sang venaient à mourir. Ce qui fut presque le cas, puisque le futur Louis XV, son arrière-petit fils, est le dernier de ses descendants «légitimes» à sa mort, en 1715. 

UN GRAND MÉCÈNE 

Il est devenu le protecteur de grands noms de la littérature, comme Molière, l'immense dramaturge. Il a aussi créé l'Académie des Belles Lettres et l'Académie Royale de Musique. Le Roi protégeait les artistes français les plus importants. Ces artistes chantaient, jouaient et peignaient pour le château de Versailles. Cependant, en dépit de la grandeur du roi et de son palais, la monarchie était de plus en plus isolée des gens, et l'art par conséquent, était relégué à la vie de château.

BOURREAU DE TRAVAIL

Dans les années 1690, après la mort de Louvois, son principal ministre, Louis XIV travaille jusqu'à 9 heures par jour. Dimanche compris. Donc 63 heures par semaine. 

LA MODE DE LA FISTULE 

En 1686, une seule question agite la Cour : l'anus du roi Soleil va-t-il bien cicatriser ? 

Février 1686. A 48 ans, après avoir surmonté bien des maladies, Louis XIV affronte une nouvelle épreuve, aussi douloureuse qu'embarrassante...Il s'agit d'une fistule anale, un abcès lié à l'infection d'une des glandes situées près de l'anus.  Cette affection est répandue à l'époque, souligne Stanis Perez, membre de la société internationale d'histoire de la médecine et auteur d'un livre consacré à la santé du Roi-Soleil: «Cette lésion devait être due à la pratique intensive de lavements effectués en introduisant dans l'anus un clystère. En effet, on ne maîtrisait pas la stérilisation de cette seringue métallique» A la Cour, l'indisposition du roi est d'abord évoquée de façon fort pudique. Le mémorialiste Dangeau écrit ainsi que le monarque souffre d'une « tumeur à la cuisse ». Mais, à partir du printemps, le mal intime du roi est dévoilé par les médecins ; et, de fait, il monte de moins en moins à cheval, puis apparaît enfin en chaise à bras pour ses promenades.

En coulisses, une guerre se déclare entre les médecins et les chirurgiens quant au traitement à appliquer. « Les premiers, explique Stanis Perez, avaient une définition intellectuelle de leur métier. Pour eux, les chirurgiens étaient des manuels pratiquant un métier dégradant à cause de leur contact avec le sang» Durant toute la première moitié de l'année 1686, les médecins gardent la main. Mais leurs cataplasmes et emplâtres ne sont pas efficaces. A l'automne, la santé du roi devient une affaire publique. La Cour voit affluer des guérisseurs ambitieux souhaitant tirer profit de leurs pharmacopées pour s'imposer dans l'entourage du souverain. Le clan du médecin Antoine Daquin cède peu à peu le pas à celui du chirurgien Charles-François Félix de Tassy. De la même génération que son patient, celui-ci a réussi à convaincre le roi qu'une incision le soulagerait, avec, pour seul désagrément, une douleur de quelques minutes.

Le chirurgien se fait la main sur des cobayes humains

Félix joue sa carrière. Pour mettre toutes les chances de son côté, il mène des expériences in vivo : des indigents reclus à l'hôpital de Versailles sont réquisitionnés. On ne connaît pas le nombre de cobayes qui succomberont sous son bistouri. En revanche, on sait, d'après Hébert, le curé de Versailles, que les morts étaient enterrés à l'aube, sans faire sonner les cloches, «afin que personne ne s'aperçût de ce qui se passait».

Instruments utilisés pour opérer le roi : un scalpel et un écarteur

 

18 novembre 1686, 7 heures du matin. La « grande opération » démarre. Elle est menée dans la chambre du souverain. A son chevet, son premier chirurgien et son premier médecin accompagnés de leurs aides. L'intervention est menée dans le plus grand secret. Nul n'en a été informé, pas même le Dauphin. «Cet acte chirurgical était aussi extrêmement délicat d'un point de vue politique, souligne Stanis Perez. «Versailles regorgeait alors d'espions envoyés par les cours européennes suivant avec intérêt le moindre signe de faiblesse du roi».

Traversin sous le ventre pour lui élever les fesses, jambes écartées, le roi s'en remet au chirurgien Félix, bistouri à la main, front trempé de sueur. En guise d'anesthésiques, des prières et peut-être du vin, bien que le roi ne soit pas porté sur la boisson. A-t-il crié ? Les mémorialistes n'en disent rien. Mais on lui prête ces paroles: «Est-ce fait, messieurs ? Achevez et ne me traitez pas en roi ; je veux guérir comme si j'étais un paysan». 

L'opération est un double succès. Médical et médiatique. Sa réussite est aussitôt amplement instrumentalisée par Versailles. «Dans l'histoire de l'Ancien régime, il n'y a jamais eu autant de publicité faite autour de la guérison d'un souverain», confirme Stanis Perez. Au moins deux autres incisions sont pratiquées par Félix à la fin de l'année 1686, et le roi ne commence véritablement à se rétablir qu'en janvier 1687. Mais le royaume n'en sait rien, tout à l'ivresse des réjouissances et messes en actions de grâce organisées pour saluer la royale guérison.

Pour imiter Louis, des courtisans se font aussi opérer

Dans les métropoles de province, on sort les fontaines à vin. A Versailles, les opérations de la fistule se multiplient : les courtisans, victimes du même abcès, ont en effet décidé de suivre la voie tracée par le souverain. «De là, note Stanis Perez, l'engouement sans précédent pour la chirurgie et l'anatomie jusqu'à la fin de l'Ancien régime».

De ces mois stressants, Félix conservera un tremblement tenace de la main. Mais aussi gloire, terres et forte somme d'argent. Le roi verra quant à lui son image de robustesse confortée : en 1687, place des Victoires, on inaugurera ainsi une statue à son effigie portant l'inscription «A L'HOMME IMMORTEL».

Lully finalement, sera la victime unique et inattendue de la «grande opération».  Comme nombre d'artistes de la cour, le musicien se met à travailler à une oeuvre - un te-Deum - (grand Dieu sauve le Roi)  composée en l'honneur de la guérison du roi. Elle est d'autant plus importante pour lui qu'il n'est plus en odeur de sainteté à la Cour. Lors d'une répétition, le bouillant maestro frappe le sol de toutes ses forces avec son bâton de direction...qui finit par écraser son gros orteil. Après une gangrène galopante, Lully rendra son dernier soupir le 22 mars 1687. Vingt-huit ans avant que son mécène, le roi, ne meure également d'une gangrène. 

En 1714, Haendel, alors compositeur officiel du roi britannique George 1er est en visite à Versailles. Il entend l'hymne de Lully, dont il ignore l'origine.  Il le note, fait adapter le texte en anglais et le soumet à son roi. Énorme succès -  What a wonderful music ! (les droits d'auteur n'existaient pas !) -  L'hymne est dorénavant joué dans toutes les cérémonies ou George 1er est présent et s'impose au fil du temps comme l'hymne national :   «God Save the King ». Plus tard, quand la reine Victoria arrive sur le trône en 1837, l'hymne se transforme tout naturellement en «God save the Queen».  Aujourd'hui encore, chaque fois que les Anglais entonnent leur hymne national, ils chantent un air qui a été composé pour le postérieur de Louis XIV !  Ce que les historiens anglais réfutent catégoriquement. 

Un remède empoisonné 

Le roi a sans doute attrapé sa fistule au cours d'un lavement, après introduction dans son rectum d'un clystère infecté. Au XVIIe siècle, le lavement connaît en effet son plein essor. Molière s'en fera l'acerbe critique dans «Le Malade imaginaire».

L'invention du «bistouri à la royale».

Depuis Hippocrate, on sait réduire la fistule anale à l'aide d'un fil métallique tranchant. Mais l'opération peut causer une hémorragie mortelle. Charles-François Félix, en charge des soins du roi, va donc confier à ses couteliers la conception d'un nouvel instrument plus sûr. Ce sera un bistouri courbe, prolongé par un stylet, dont le tranchant, recouvert d'une chape d'argent, évite de blesser les chairs lors de son introduction dans l'anus. Il sera nommé «bistouri à la royale».

LA GANGRÈNE 

Un an avant sa mort - il avait soixante seize ans - Louis XIV semble aller moins bien, il a maigri. C'est au début août 1715, que le roi, revenant de la chasse, se plaignit d'une douleur à sa jambe gauche qui commençait à enfler. Son médecin lui fait subir quelques mouchetures avec une lancette et des incisions profondes , puis il constate qu'il a la gangrène. Le roi s'affaiblit, présente des mouvements convulsifs et n'a plus ses esprits. On appelle des charlatans qui lui font ingurgiter des remèdes miracles, restés sans effet. Le Roi meurt le 1er septembre 1715 à 8 heures du matin. 

Il faut souligner le courage physique du monarque. 

Il supporte, sans anesthésie, le cautère brûlant pour obturer la solution de continuité entre le palais et les fosses nasales. Il supporte tout autant le scalpel et le cautère pour la mise à plat de la fistule anale, sans parler des douleurs répétitives des crises de goutte et de gravelle et des incommodités des saignées, des purges et des clystères. Si l'on excepte ses excès alimentaires, Louis XIV fut un patient exemplaire et qui put dominer la maladie pour l'action politique ou militaire, mais aussi pour les plaisirs de la chasse, des fastes de la cour et des amours coupables. 

Et l'on réalise alors a quel prix ce Roi, si travaillé de l'intérieur, comme dit Sainte-Beuve, sut faire d'un idéal stoïcien de maîtrise de soi un programme de gouvernement, afin de conserver à la majesté le double corps de son apparence. 

Le Grand Siècle, dominé par la personnalité de Louis XIV, fut le théâtre de percées scientifiques essentielles. 

A peine quarante ans après sa mort, Voltaire publie Le Siècle de Louis XIV, un essai exaltant le Soleil....pour mieux égratigner Louis XV. 

Théâtre, cinéma, comédies musicales. Louis XIV, a ressuscité à maintes reprises depuis le début du XXe siècle et il brille toujours au delà des frontières de son royaume. Le Roi Soleil a été et continuera à être l'un des personnages iconiques de l'Histoire de France. 

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