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Historia

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Les Arts et la culture : peinture, littérature, histoire, voyages.. Mon choix est personnel et subjectif, car je choisis ce que j’aime et ce qui me plaît.


L'existence agitée de La Joconde

Publié par Clara sur 9 Février 2021, 08:35am

Catégories : #CULTURE

Le plus célèbre tableau de tous les temps est peint sur un panneau de bois de peuplier d'Italie et ne mesure guère que 0.40 m² (Hauteur 0.77 m - largeur 0.53 m - épaisseur 3.68 mm ) C'est le portrait d'un jeune femme pourtant vieille de six siècles, nommée LISA DEL GIOCONDO. 

Épouse de Messer ZANOBI DEL GIOCONDO, un obscur nobliau florentin, Madona LISA a 24 ans lorsque LEONARD DE VINCI la prend pour modèle. Il n'achèvera son œuvre que six ans plus tard après de nombreuses esquisses, quelques pauses et d'innombrables retouches.

D'une femme banale au visage régulier et aux mains potelées, le génie de Léonard parvint à créer un archétype de l'universelle beauté. La mortelle s'était transfigurée en une divine au sourire éternellement mystérieux. 

Amoureux de sa création, le peintre ne voulut pas se séparer de son chef d'oeuvre. Au mari venu prendre possession du portrait de sa femme il prétendit que le tableau n'était pas terminé. Lorsque, quelques années plus tard, mal considéré dans son pays (En Italie, il était accusé de viol sur de jeunes éphèbes.  Il est jugé pour sodomie en réunion à Florence et il est acquitté grâce à la présence d'une personne influente.) Léonard de Vinci quitta l'Italie pour la France où l'appelait François 1er. Il emporta ce tableau dans ses bagages ainsi que la «Sainte Anne» et le «Saint Jean Baptiste». Le souverain, aussitôt qu'il la vit, tomba amoureux de la Joconde et il sut convaincre le peintre de la lui céder contre une véritable fortune : 12 000 livres - C'est ainsi qu'en 1516, l'année d'après MARIGNAN, la Joconde fut naturalisée Française. 

Le Clos Lucé - Amboise -
Le Clos Lucé - Amboise -

Léonard de Vinci, mourut trois ans plus tard, le 2 mai 1519, dans une chambre du château de Clous (aujourd'hui le Clos Lucé), après avoir -  dit la légende - contemplé une dernière fois son chef d'oeuvre qu'il avait réclamé à son chevet. 

La Joconde fut d'abord l'orgueil du «cabinet doré» de Fontainebleau avant de trôner à Versailles dans la petite galerie du roi. 

Après l'avoir confiée au garde-meubles de la place de la Concorde, la Révolution l'installa au Louvre. En 1870, elle fut cachée dans les souterrains de l'arsenal de Brest. En 1914, on la mit à l'abri à Bordeaux, puis à Toulouse. En 1939, elle fut dissimulée dans la cave du château d'Amboise, avant d'être envoyée dans des demeures anonymes du Lot et des Causses pour échapper à la convoitise de ce grand «collectionneur» qu'était le Maréchal Goering. 

Dans l'existence agitée de MONA LISA, on compte aussi un enlèvement, une blessure et deux grands voyages. 

Le 21 août 1911, le brigadier des gardiens du Louvre, l'honorable Poupardin, fit irruption chez Mr Bénédicte, conservateur des Antiquités Égyptiennes qui remplaçait le directeur du Musée, Mr Homolle, en vacances dans les Vosges. «Monsieur ! On a volé la Joconde !». 

Ce fut un scandale énorme qui prit vite un tour international. L'opinion publique accusait Guillaume II, l'Empereur d'Allemagne, d'avoir monté le coup. Ce fut un autre Guillaume qu'on arrêta : le poète Guillaume Apollinaire. Il avait, quelques années auparavant, employé comme secrétaire et homme à tout faire, un drôle de loustic nommé Géry-Pieret. L'amusement de celui-ci était de dérober des statuettes et des masques phéniciens dans la salle des antiques au Louvre. Il en faisait cadeau à des amis : il avait même vendu deux masques à Picasso pour 80 Francs, et donné une statuette à son maître. Bien que totalement étranger à cette affaire, Guillaume Apollinaire fut arrêté pour complicité de vol et passa dix jours en prison. Il fut d'ailleurs le seul homme arrêté en France pour le vol de la Joconde. 

MONA LISA resta introuvable pendant deux ans. Jusqu'au 11 décembre 1913 où un inconnu viendra la proposer au signore Geri, un antiquaire de Florence. Le vendeur de la Joconde était un ouvrier vitrier Italien  nommé Vincenzo Parugia qui, au cours des travaux de ravalement du Louvre, l'avait emportée sous son manteau. Pendant deux ans, il avait gardé la Joconde pour lui tout seul dans sa chambre misérable. Mais en décembre 1913, Vincenzo Perugia décide de se débarrasser du tableau.  L'antiquaire, aidé du directeur du musée des Offices, Giovani Pogi, examine et authentifie le tableau. Aussitôt, les deux hommes préviennent les autorités. Lors de son procès, Peruggia avance des arguments patriotiques : Il se sentait humilié de voir la Joconde si loin de son pays, alors il l'a emportée.  Il s'attendait en fait à être récompensé pour avoir rendu le chef-d'oeuvre de Vinci à l'Italie. Il eut droit à des menottes et à un 12 ans de prison, mais n'en fera que sept. 

Le retour de MONA LISA en France sera considéré comme le plus beau des cadeaux de Noël. Elle revint dans son pays avec les honneurs réservés aux souverains et retrouva sa place de première dame du Louvre.

En 1956, un cuisinier bolivien, probablement cinglé, projeta un caillou contre MONA LISA et lui écorcha le bras. Après avoir réparé les dégâts, on enferma le tableau à l'abri des attentats dans une cage en verre blindé.

En 1963, la France accepta d'envoyer aux États-Unis la plus prestigieuse de ses ambassadrices. Elle embarqua sur le France, accompagnée de ses gardes du corps, de ses médecins et des officiels qui avaient à leur tête André Malraux, le ministre des Beaux-Arts, celui-là même qui avait qualifié la Joconde de mortelle au regard du divin. Le commandant Croisille accueillit MONA LISA en gants blancs et la conduisit à la cabine M79 qui lui avait été réservée, au centre du bateau afin sans doute de lui épargner les atteintes du mal de mer...Le mardi 8 janvier à 22 heures, le président John Kennedy avait convié le Tout-Washington à venir admirer le célèbre tableau, la MONA LISA, gracieusement prêté aux États-Unis d'Amérique par le Gouvernement français de la Ve République. 

La Joconde, de Léonard de Vinci, exposée à Washington en 1963.  PHOTO : AFP
La Joconde, de Léonard de Vinci, exposée à Washington en 1963. PHOTO : AFP

En 1974, la Joconde, qui avait pris goût aux voyages, partit pour le Japon. Cette fois elle emprunta l'avion. L'Empire du Soleil Levant vivait, depuis l'annonce de cette visite, à l'heure MONA LISA. Son sourire était sur toutes les affiches, sur tous les tee-shirts, dans toutes les vitrines. 

Il est 14 h 27, ce 16 avril 1974, et la Joconde s'envoie en l'air. Pour la dernière fois, elle décolle du tarmac de l'aéroport d'Orly, à bord du vol AF 1626 entourée d'éminents responsables du Louvre, un personnel de bord très réduit, et dans la cabine de pilotage, le commandant Vignau et le chef pilote Henri Chappotteau. 

L'exposition à Tokyo ouvre le 20 avril, quatre jours plus tard. Pourtant, l'avion a failli ne pas partir. Pas à cause de la période de deuil en France, causée par la mort du président de la République Georges Pompidou, le 2 avril. Mais parce que le personnel naviguant est en grève. La Joconde finit cependant par décoller.  A Tokyo, le tableau est accueilli comme le chef d'État d'une grande puissance. Dès l'atterrissage, l'avion a été immédiatement cerné par des cars à l'aéroport d'Haneda. Il y avait une quantité énorme de policiers. De fin avril à début juin , la Joconde attire 1,5 millions de visiteurs au Muséum national de Tokyo. La foule était si dense qu'on dut limiter à neuf secondes le délai pendant lequel on était autorisé à contempler la superstar : le temps d'une rapide déclaration d'amour....Le temps d'un sourire. A la fin de l'expo, son retour à Paris est assuré par la Japan Airlines. 

C'était il y a presque 47 ans. La Joconde n'a pas perdu son sourire, et reste l'icône du plus grand musée du monde, à tel point que les millions de touristes des pays lointains ne pensent souvent même pas à aller voir d'autres chefs d'oeuvre, regrette-t-on au Louvre. 

Il est vrai que ce tableau est particulier : La Joconde semble vous suivre du regard... Et si  on veut l'imaginer, hautaine, triste, ou joyeuse... Elle le sera ! Léonard de Vinci a réussi ce tour de force grâce à une technique qu'il a inventée : Le Sfumato ! 

Après deux mois de travaux de rénovation en 2019, le célèbre tableau de Léonard de Vinci, est de nouveau installé face au plus grand tableau du musée, les Noces de Cana de Véronèse. Le fond bleu nuit, sur lequel il a été déposé, met en valeur la vivacité des couleurs des oeuvres du XVIe siècle vénitien qui l'entourent.  La Joconde est à présent visible derrière un verre plus transparent dont le fond sombre lui donne encore  plus de profondeur !

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