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La toile de Jouy , indémodable depuis plus de trois siècles !

La toile de Jouy , indémodable depuis plus de trois siècles ! La toile de Jouy , indémodable depuis plus de trois siècles !

Avec ses personnages monochromes et ses décors champêtres, la toile de Jouy se reconnaît au premier coup d'œil. Emblématique du XVIIIe siècle, elle continue de faire parler d'elle. 

La Manufacture Royale d'Oberkampf 

Oberkampf, une station de métro à Paris ? Oui, mais pas seulement ! il s'agit aussi d'un industriel du XVIIIe siècle à qui l'on doit la célèbre toile de Jouy. 

le baron Oberkampf

Alors qu'il n'a que 22 ans, ce teinturier protestant crée en 1760 sa propre manufacture à Jouy-en-Josas, un village en bord de Bièvre, qui présentait l'avantage de se situer à proximité de Versailles. 

Les familles aristocrates et bourgeoises s'entichent alors rapidement de ces cotonnades légères, aux motifs gais et colorés, pour la confection de vêtements luxueux mais aussi pour la décoration et l'ameublement de leurs demeures. Devant le succès et la qualité des toiles, Louis XVI anoblira Oberkampf en le faisant baron et élèvera son entreprise au rang de manufacture royale.

C'est à Madame de Pompadour que l'on doit le retour en grâce des «indiennes», ces toiles de coton imprimées, importées par la Compagnie des Indes à partir du XVIIe siècle. Depuis 1686, il était interdit d'en fabriquer et d'en importer pour ne pas faire de concurrence aux drapiers normands et aux soyers lyonnais. La maîtresse de Louis XV, qui raffolait de ces étoffes, usa de toute son influence pour lever l'interdiction. Un célèbre tableau du portraitiste François-Hubert Drouais, Madame de Pompadour à son métier à broder, la représente vêtue d'une magnifique robe «indienne».

Plus de 30.000 Motifs 

Ce qui fit le succès incroyable de la Toile de Jouy, c'est bien évidemment la beauté et la variété de ses dessins. Au départ, la manufacture reprend les motifs floraux traditionnellement utilisés pour les «indiennes». Mais très vite, l'entreprise de distingue en étant la première à créer des toiles avec des personnages : des pastorales et autres saynètes champêtres, répondant aux aspirations bucoliques du siècle des lumières. 

Comme dans la peinture de l'époque, les scènes de genre remportent un vif succès : scènes galantes, fêtes populaires, bergères et leurs troupeaux, animaux de la ferme, jeux d'enfants, etc. Les sujets antiques et mythologiques occupent également une place de choix dans la production de la manufacture. 

A la fin du siècle, la toile de Jouy se fait l'écho d'événements contemporains comme les premiers pas de l'aéronautique, après le premier vol en ballon de l'histoire par les frères Montgolfier en 1783. Le motif «Ballon de Gonesse», édité à partir de 1790, devient un best-seller de la manufacture de Jouy-en-Josas.

Innovations techniques

La manufacture d'Oberkampf utilisait la même technique que celle pratiquée traditionnellement par les artisans indiens : l'impression à la planche de bois. Cette technique consistait à imprimer le tissu grâce à un bloc de bois sur lequel des motifs étaient gravés et enduits de peinture. Les dessins étaient monochromes. Ils reprenaient les couleurs du bistre (pigment issu de la suie), dont les couleurs varient du jaune safran au brun foncé, mais aussi de la garance (nuance de rouge) et de l'indigo (nuance de bleu). Ces dessins étaient imprimés sur une toile de couleur écrue, puis sur une toile blanche à partir de 1793 lorsque l'on a découvert les propriétés blanchissantes du chlore. À la fin du XVIIIe siècle, on utilisa des planches de cuivre pour l'impression, ce qui permit à la fois une plus grande finesse des motifs et une mécanisation de la production.

Toujours dans le coup 

La toile de Jouy continue aujourd'hui de séduire l'univers de la mode et de la déco. Il y a quelques années, la faïencerie de Gien lança un magnifique service de table, baptisé «Les délices des quatre saisons», qui reprenait un célèbre motif de la fin du XVIIIe siècle du peintre animalier Jean-Baptiste Huet, l'un des artistes les plus renommés de la manufacture royale de Jouy-en-Josas.

Plus récemment, c'est la marque bretonne Armor-Lux qui a créé une marinière en collaboration avec le musée de la Toile de Jouy. La nouvelle collection de Petit Bateau s'inspire aussi de cette toile en proposant plusieurs pièces pour enfants. 

Aux musées ! 

Pour tout savoir sur cette étoffe, rendez-vous à Jouy-en-Josas, au cœur de la Vallée de Bièvre, dans un cadre champêtre au château de l'Eglantine, le musée vous dévoile l'histoire passionnante de la Toile de Jouy et de sa manufacture fondée par Oberkampf. 

Le Musée Carnavalet et les Arts décoratifs à Paris conservent également des morceaux de toile datant des XVIIIe et XIXe siècles.

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